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le 21/10/2007 à 09:24
Difficile de ne pas répéter ce qui a déjà été écrit.
A Paris depuis septembre, je constate que le boulot de directeur mérite d'y consacrer 100 % de son temps. C'est ce qu'a décidé la Ville de Paris en accordant une décharge complète à partir de 5 classes.
(Ce qui d'ailleurs, avantage les "petites" écoles par rapport aux "grandes"...)
Je n'ai "que" 8 classes, dans un secteur difficile, avec un gros travail de communication en direction de parents non francophones, et beaucoup de tensions à régler entre élèves.
Côté municipal, le fonctionnement parisien est très lourd. Une multiplicité d'interlocuteurs et une bureaucratie omniprésente.
J'ai vraiment l'impression d'être un chef d'établissement. Je n'en ai pas honte. Ceci doit être reconnu.
Le statut que nous réclamons depuis des années n'est que la reconnaissance de ce que nous sommes.
Ceux qui s'y opposent encore le font pour d'obscures raisons idéologiques.
le 18/10/2007 à 13:19
directeur d'école 8 classes, 210 élèves, une journée de décharge ; principal de collège,(en face de l'école), le double d'élèves , poste à plein temps (et heureusement d'ailleurs), une principale adjointe, CPE...
Il n'est ici pas question de minimiser la charge de travail au collège ...
je ressens une certaine frustration à ne pas pouvoir exercer pleinement un métier (parce que c'est un métier à part entière) passionnant, qui exige une disponibilité que nous n'avons pas.
il me semble évident que l'Ecole se portera beaucoup mieux quand on donnera aux directeurs et directrices les moyens d'exercer pleinement leur métier.
une reconnaissance statutaire apparaît indispensable!
le 18/10/2007 à 00:09
Il est certain que certains syndicats voient d'un mauvais oeil l'importance que prend notre mouvement ainsi que notre association, et encore plus qu'un ministre ose consulter ses membres (peut être veut-il avoir affaire à des personnes nouvelles qui ne s'enferment pas dans des considérations d'un autre âge, et qui lui apportent du nouveau grain à moudre). Les syndicats ont beaucoup à perdre. Il faudrait qu'ils s'aperçoivent que leur schéma de fonctionnement est archaïque depuis longtemps. Ca me fait penser à certains syndicats qui n'ont guère évolué depuis 1848 et dont les seuls arguments contre des réformes courageuses est ... LA GREVE. Directeur c'est un métier à part, étant moi-même Directeur d'une école à 16 classes il est vrai (on me l'a souvent rabaché) que nous n'avons plus le contact avec les élèves,qu'on ne sait plus ce qu'est une classe, qu'est-ce que tu fais dans ton bureau à longueur de journée (et oui comme quoi...) qu'on n'a plus de prep, mais savent-ils ces gens là que nous sommes taillables et corvéables à merci, partagent-ils cette idée ( et ça n'engage que moi) du service public : nous sommes investis d'une mission de service public : dans cette expression 2 expressions sont importantes : mission et service public. Pour moi ëtre un directeur tout comme être un enseignant qui se respecte c'est une mission plutôt qu'un simple job. Peu importe le temps qu'il faille il faut que la mission soit remplie. Quant à service public, on en parle suffisamment pour ne pas m'étaler dessus, mis à part que l'on a des comptes à rendre à notre chère administration (ne serait-ce que par loyauté envers elle) mais surtout envers le public qui nous est confié. Mais de là à tout accepter il y a un monde. Les responsabilités sont à prendre en compte , les heures de réunions avec les partenaires le sont aussi, l'investissement pour la bonne marche de l'établissement est à prendre en considération... Un jour je me suis amusé (rassurez vous en dehors du temps de service, malgré ma décharge totale) à compter les casquettes que nous avions ( responsable administratif, partenaire de la mairie, de l'APESAL, de la communauté de communes, "moteur de l'école", gestionnaire du personnel communal (environ 35 mis à la disposition de l'école, participation aux réunions péricolaires, infirmier, assistante sociale, parfois aide aux officiers de police judiciaire quand une enquête nécessite de rechercher dans les archives de l'école même 50 ans avant mon arrivée, secrétaire, animateur, courroie de transmission de l'IEN, responsable de la sécurité, plombier, chauffagiste, électricien, débourreur de photocopieur, et j'en oublie sûrement. Un de mes collègues faisant fonction de directeur compare la tâche au mythe de Sisyphe mais il espère que cela va aller mieux d'ici quelques semaines, seulement le hic c'est que le boulot de directeur c'est gérer l'urgence constamment, le boulot que l'on a prévu de faire reste souvent pour le soir ou le matin très tôt. On l'impression le soir après la sortie des élèves de n'avoir rien fait alors que notre énergie s'en est allée et il reste pas mal de travail à faire.. Je ne m'en suis jamais plaint mais j'estime que face à toutes ces responsabilités (445 élèves l'an dernier, soit 30 élèves de plus qu'au collège d'à côté) une certaine amertume est bien légitime.
Alors un statut ne serait pas inutile n'en déplaise à certains qu'il soit hiérarchique ou non là n'est pas le problème nous oeuvrons tous pour le bien de nos élèves que diable ! ou alors me trompé-je, compté-je parmi les quelques dinosaures qui croient encore à la grande idée de l'école laïque (j'ai un certain côté Pagnol, alors nostalgie ?). Je crains fort que nous n'ayons encore ce fameux rocher à pousser et qu'il redégringolera longtemps encore, malgré les avanc"es que nous obtiendrions.
Alors à ce syndicat qui n'a de cesse que de critiquer, (c'est à la mode on est contre tout ce qui peut faire évoluer les choses dans le bon sens) c'est un peu jouer perso. Les équipes de rugby et de foot puisque c'est d'actualité .... savent faire évoluer leur jeu en tenant compte de ce qui se fait ailleurs sinon notre coq national y aurait laissé des plumes. Alors à ces gens là je leur dis tout simplement : "Réveillez vous, nous sommes au 21ème siècle, il est temps d'évoluer car à ce train là c'est vous qui risquez d'y laisser des plumes". Ceci est valable aussi pour les faits d'actualité actuels.
Jean-Louis Dessaint, Directeur La Gorgue
le 17/10/2007 à 14:07
L'exercice de la fonction de directeur se fait de plus en plus au détriment de la qualité de l'enseignement dispensé à mes propres élèves durant mon temps de présence face à eux. La qualité même des préparations et le temps consacré aux corrections pâtissent de l'exercice de cette fonction. C'est la promo sacrifiée de l'année...
*Dérangements multiples et nombreux sur le temps de classe , même malgré la présence efficace de mon assistante.(mairie, appels divers, livraisons de matériels à contrôler sine die)
*Réunions de directeurs sur temps scolaire pendant lesquelles mes élèves sont libérés ou répartis (avec du travail à faire= corrections pour moi) 2 réunions d'une demi-journée sur ces 10 derniers jours

.
*Réunions internes à l'école (Equipes éducatives de suivi, PAI, Pisa, synthèses avec le Rased) mais avec des intervenants exterieurs dont je ne peut maîtriser l'emploi du temps et qui se font pour un tiers sur mon temps de non-décharge - pourrait-on appeler ces temps des temps de surcharge???
* Entretiens avec les collaborateurs hors EN: Assistantes sociales (mesures IEO, AEMO, suivi des signalements...) en dehors des horaires scolaires mais du coup sur des temps qui ne sont pas consacrés aux préparations/corrections.
Ainsi que réception des parents qui "travaillent" eux... et qui ne sont disponibles qu'après le temps de classe!
le 16/10/2007 à 15:35
De nouveau dans la fonction après une pause, j’ai participé activement à la grève lancée il y a dix ans. Je ne suis toujours pas partisan du statut actuel mais grandement acquis à la défense du service public. Prendre une direction est un acte militant. Je reste persuadé qu’à l’époque le Ministère a failli craquer quand il n’avait pas beaucoup de projection statistique des effectifs. Maintenant il s’en fout...base élèves est là, outil fonctionnel d’aide à la Direction.
Mon école est particulière (50 % d’enfants d’origine Turque, plus de 75 % pour ma collègue de Maternelle) mais il n’y a aucune considération administrative. L’école avait refusé le recrutement d’un EVS donc je n’y ai pas le droit cette année, il y a une CLIS dans l’école mais rien (par de quart supplémentaire) pour le Directeur. L’indemnité de fonction est toujours à 1€ par élève.
C’est une honte quand on voit la charge de travail comparée par certains d’entre vous à un principal de collège. Avez-vous regardé à combien se montait l’indemnité dans le secondaire pour être prof principal ? Asseyez vous si vous le faites...parce que c ‘est beaucoup de boulot...prof principal ! (on peut même être prof principal de plusieurs classes)Je ne veux pas tomber dans la jalousie mais juste illustrer la toute puissance syndicale du Secondaire. Ils ne trouvent pas d’adhérents dans le Primaire et ne comprennent pas pourquoi…
Alors oui je suis pour le statut du Directeur pensé par le GDID d’abord pour la défense du Service Public parce que donner les moyens au Directeur d’Ecole c’est trouver un Directeur par École, c’est stabiliser les équipes enseignantes et veiller à un meilleur fonctionnement pédagogique pour une meilleure réussite de tous les élèves. C’est pas ce qu’il veut notre Président ?
Allez BON COURAGE à tous
le 15/10/2007 à 23:30
Bonsoir,
Après 18ans de remplacements en tous genres dont quelques fonctions de directeur, j'ai décidé de franchir le pas ... et quel pas ...un saut dans un gouffre sans fond, sans filet et sans parachute. Mon école est riche de 10 classes très chargées et je ne percevais pas combien la tâche était ardue entre les pressions diverses: mairie, associations, parents, collègues (et pourtant les miennes sont des perles!),la quantité astronomique des dossiers, formulaires, projets, fiches de renseignements, courriers, relances, factures,... et Base-élèves ... et les élections ...et les PAI ...et les PPRE ... et les équipes éducatives ... et le PPMS ... Le directeur porte sur son dos un fardeau que tous chargent sans vergogne. Je comprends la désaffection des collègues pour ce poste ô combien exposé et prenant. Alors, reprenons à notre compte le sloggan électoral du candidat récemment élu: travailler plus pour gagner plus! Pour l'instant nous travaillons plus (pour ma part 45h par semaine) pour une aumône. Exécutez-vous messieurs les politiques, vous qui promettez, passez aux actes, prenez des décisions: un statut de chef d'établissement, un salaire, nous ne demandons rien de plus! Ne sommes nous pas les vrais gardiens d'une institution qui forge la France de demain? Oui, messieurs les politiques, la négociation est nécessaire, mais admettez que les syndicats ne représentent plus la base qui leur tourne le dos tant l'exaspération est forte face à l'idéologie rétrograde qui s'inscrit le plus souvent dans le refus. Tournez-vous vers des regroupements (GDID?) qui proposent et souhaitent avancer.
le 15/10/2007 à 16:31
Oui, un statut! Parce qu'après trente ans de métier je veux de la reconnaissance. Pas celle de mes élèves ou de mes parents d'élèves, je l'ai déjà. Mais celle de ma hiérarchie pour le boulot et les efforts accomplis, pour mes compétences, et la reconnaissance financière qui va normalement avec ces dernières dans n'importe quel secteur de travail partout dans le monde sauf en france. Mais il est vrai que dans notre beau pays, tout le monde pense savoir faire mon métier mieux que moi, même si personne ne le veut!
le 13/10/2007 à 17:33
A la lecture de la proposition de statut, je pense que cela ne serait qu'un passage d'une situation officieuse à une situation officielle.
Les propositions des syndicats sont tellement éloignées de la réalité du terrain que les directeurs se sentent abandonnés. Certains demandent pourquoi une association alors que des élus du personnel existent ? La nature n'aime pas le vide donc quand des personnes ne se sentent plus représentées ou mal représentées alors elles agissent démocratiquement.
Tous les jours je suis confronté à des situations pour lesquelles il faut trancher alors que juridiquement je n'ai pas le droit de trancher... Des habitudes ont été prises concernant les inscritptions, la gestion des budgets, du personnel qui théoriquement n'incombent pas au directeur mais qui dans la réalité lui reviennent.
Mon travail comporte des spécificités donc il me paraît normal que ces spécificités soient reconnues et désignées par un statut (non hiérarchique) administratif.
En espérant que les avis du terrain intéresseront un jour nos représentant élus qui se cachent derrière le terme de direction alors que les problèmes résident dans les tâches de la personne qui assure la direction. D'ailleurs, il est assez significatif d'entendre "Et dans ton école qui assure la direction?"...les directeurs, pour assurer, ont besoin d'être rassurés!
le 13/10/2007 à 07:38
Faire fonction de directeur à une classe, c'est bien gentillet en comparaison de la lourde responsabilité d'un groupe scolaire! Les cours, l'administratif, la préparation de manifestations qui permettront d'offrir à l'école un matériel pédagogique récent et décent...
...tout cela occupe le plus clair de mon temps, alors je n'ose imaginer ce que vivent les collègues qui supportent une grosse direction!
Je ferai court en exprimant les deux mesures qui me donneraient satisfaction:
- on nous dit que les élèves doivent être égaux devant l'enseignement dispensé: comment cela pourrait-il être possible puisque l'état délègue de plus en plus de tâches aux municipalités lesquelles ne peuvent intervenir qu'en fonction de leur trésorerie propre: en clair un élève résidant dans une commune riche étudiera dans de meilleurs conditions qu'un enfant vivant dans un village privé de ressources budgétaires.

Cela paraît évident mais l'égalité des chances voudrait que l'état redistribue équitablement aux écoles des fonds qui seraient prélevés sur le budget des communes. Cela éviterait que certaines collectivités ne gaspillent les deniers du contribuable dans des projets fumeux qui voient le jour alors que l'école ne dispose même pas de toilettes décentes!
- L'administration devrait bien entendu garder un oeil vigilant sur le fonctionnement des écoles mais arrêter de bombarder les directeurs d'enquêtes ou de mesurettes précipitées qui surchargent inutilement le fonctionnement administratif pour parfois ne connaître aucun lendemain tant il est vrai que les dispositifs miraculeux et précipités ont été nombreux ces dernières années sans que l'on ait l'impression qu'il y avait un suivi et une incidence particulière sur le vécu scolaire.
le 11/10/2007 à 21:21
Bonsoir les dirlos,
Je viens de lire la proposition de statuts de votre association ainsi que plusieurs contributions. Je me rends en fait compte que vos propositions ne sont pas si éloignées que cela de celles du SNUipp, syndicat sur lequel vous tombez régulièrement :
- Plus de décharges.
- Revalorisation salariale.
- Clarification et allègement des missions.
Mais pourquoi tenez-vous autant à ce statut ?
Ne vous demandez-vous pas si ce statut n'est pas la meilleure façon de vous couper des simples professeurs d'écoles (ou instits) ? Ou peut être est-ce pour vous la seule façon d'obtenir des revalorisations salariales, au détriment des simples collègues qui n'ont que la classe à gérer ?
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