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le 11/10/2007 à 20:27
Etre dirlo c'est être disponible pour tous: les élèves dont nous sommes avant tout l'enseignant; l'ensemble de l'équipe éducative qui attend souvent qu'on lui apporte les infos pour se mettre en route; les parents d'élèves avec qui il faut savoir écouter et expliquer; les services de la commune (péri-scolaire, cantine, gestion du budget, photocopies, transports, emploi du temps des atsem, etaps, sécurité des personnes et des locaux, travaux); notre hierarchie directe qui par mails nous demande pas mal de petits détails qui lui facilite sûrement la tâche mais alourdi la notre...
Le problème c'est que pour assurer sur tout ces points qui sont le quotidien de notre tâche, nous nous rendons souvent indisponible pour les minots... Question de moyens, pas financiers mais horaires. Il est urgent que des décharges d'un quart temps minimum soient accordées à tous les dirlos. Je pense qu'il est impératif que le dirlo reste un enseignant de l'école 1/4 temps afin de ne jamais perdre le contact avec la réalité des élèves. Mieux connaître, être prêt d'eux pour mieux travailler pour eux.
Le statut non hiérarchique proposé par le GDID est clair et à portée de main (les demandes ne sont pas utopiques )
Du temps, du temps, du temps, une formation régulière, et surtout un reconnaissance de notre boulot par notre propre administration avec un statut !
le 10/10/2007 à 23:17
Contribution trop longue sans doute, pardon ! Voici ma conclusion :
1.y a-t-il dans ce pays des personnes, autres que les directeurs ou directrices d'école,
responsables de la sécurité d'autant de monde (plus de 200 personnes), y compris pendant le temps de classe,
interlocuteurs d'autant de gens (300 parents d'élèves, associations sportives ou culturelles, centre social, police nationale, police municipale, assistantes sociales, service éducation, service de la restauration scolaire, service bâtiments, service des jardins, service de nettoyage de la Mairie, médecin scolaire, infirmière scolaire, ...), qui pensent qu'ils sont les « chefs de l'école »,
sommés de répondre à toutes les injonctions hiérarchiques d'IEN eux-mêmes pressurisés,
ne disposant en tout et pour tout que de deux malheureuses ½ journées de décharge par semaine,
pour une piètre « prime » en fin de mois ?
Non, bien sûr que non ! Il est temps ! Pour un véritable statut, il est grand temps !
Quand leur a-t-on demandé leur avis, aux directeurs et directrices, si ce n'est lors de l'enquête IFOP menée par le GDID l'an dernier, et à laquelle ils ont massivement répondu et manifesté leur besoin de reconnaissance et de clarification à travers un véritable statut ? Ne passons pas à côté de l'occasion de nous faire entendre de notre Ministre, ne soyons pas bornés jusqu'à la fin des temps.
Dans nos écoles, nos collègues seront les premiers à nous soutenir, parce que nous ne sommes pas, et ne voulons pas devenir de « petits chefs », et qu'un Conseil des Maîtres décisionnaire, cela voudrait dire que nous passons nos soirées et nos week-ends ensemble, par exemple pour rédiger le PPMS... Un statut pour les directeurs, cela améliorera les conditions de travail de tous nos collègues, et les premiers à en bénéficier seront les élèves.
Le statut élaboré par le GDID doit être étudié dans le détail : il est le résultat d'une réflexion approfondie et cohérente, qui s'appuie sur la réalité du terrain. Ce statut conserve au directeur sa place d'enseignant, ce qui me semble essentiel. Pas question de devenir un administratif pur et dur, dévoué uniquement à la « gestion » de l'école, tel qu'on nous le prépare rue de Grenelle... ça, non !
Du temps, un salaire décent, une formation, un rôle reconnu : oui, au plus tôt !
N'en doutons pas, il suffit de lire les contributions diverses à ce cahier de doléances, les directeurs et directrices d'école ont de l'ambition pour leurs élèves, qui méritent bien un encadrement digne de ce nom.
le 10/10/2007 à 21:52
Directeur depuis 7 ans, d'abord faisant fonction puis, ayant découvert un métier qui m'a plu par la réactivité, l'engagement qu'il demande, j'ai trouvé le second souffle dont j'avais besoin après près de 25 ans dans une classe spécialisée. Cependant, même si l'intérêt pour ce boulot demeure, l'épuisement, le fait de voir que rien ne change me gagne progressivement. Nous ne sommes pas des supermen ou des superwomen, ce qu'on nous demande c'est Mission impossible. Je suis passé par 3 écoles (6 classes, 1 jour de décharge ; 9 classes en ZEP, 3 jours de décharge ; 10 classes, 2 jours de décharge). Dans les 3 cas, malgré un temps de travail considérable, il est impossible de faire bien tout ce l'on nous demande, tout simplement parce qu'il n'y a pas de limites à ce qu'on nous demande.
Ce qui me gêne le plus, c'est de ne pas pouvoir bien préparer ma classe, de ne pas pouvoir apporter à mes élèves les meilleures conditions d'enseignement. Cela est particulièrement vrai lors de la première période (sept. oct.). Alors pour moi, première demande, que le directeur ne soit plus responsable d'une classe, en revanche, tout à fait d'accord pour ne pas s'éloigner de la pédagogie et faire quelques heures auprès des élèves (travail en ateliers, ... voir projet du GDID).
Deuxièmement, bien sûr il faut un statut, que les tâches et les responsabilités soient bien définies, en favorisant une plus grande autonomie des écoles. Il y en a marre de faire des dossiers énormes pour des choses qui pourraient se décider au niveau de l'école (choix des intervenants extérieurs par exemple).
Le slogan à la mode, c'est travailler plus pour gagner plus. Le problème pour nous, depuis des années, c'est travailler plus sans gagner plus, alors oui une revalorisation conséquente en rapport avec notre temps de travail effectif est nécessaire (2 x 1euro par jour, non ça ne nous satisfait pas !!).
Enfin, une réflexion comme ça, quand est-ce que nos hautes autorités vont se rendre compte que dans le service public d'éducation, l'interface essentiel entre le public (les parents) et l'institution, c'est quand même un peu le directeur d'école. Alors une interface reconnue, formée, compétente, ayant du temps à consacrer à ce public, ne serait-ce un investissement utile pour le fonctionnement su service public dans son entier ?
AN
le 10/10/2007 à 15:48
Ce qui me parait le plus inquiétant dans la fonction actuelle du directeur, c'est le peu de cas que l'on fait des élèves dont il a la charge dans sa propre classe.
La majorité des directeurs ne sont que partiellement déchargés, voire pas du tout. Et pourtant, les interlocuteurs, qu'ils soient de l'EN ou d'autres administrations, communaux, ou même commerciaux, ne veulent pas le savoir : le directeur doit être disponible pour répondre "immédiatement' à diverses demandes : problèmes administratifs, techniques, sociaux...
Pendant qu'il répond à ces différentes demandes, que font ses élèves ?
Hier, sde 8h à 17h30, deux demandes de l'Inspection de circonscription, un appel de l'IA, un représentant qui veut absolument un RV, un collègue qui se plaint du dysfonctionnement d'un ordinateur, des parents qui viennent se plaindre d'un autre collègue, la mairie qui informe d'un congé d'ATSEM (sera-t-elle remplacée ?non...), appeler une collègue qui a oublié de faire remplir une autorisation de sortie, la prévision des effectifs 2008 à renvoyer... et tout cela en s'occupant de ses propres élèves...
N'y aurait-il pas un problème quelque part ?
le 10/10/2007 à 15:41
La rentrée est passée, l'équipe en place, les PAI presque tous rédigés, les fiches actions enregistrées, on va pouvoir « souffler » un peu, croyais-je ! Hélas ! Je viens de commencer de m'atteler à la lourde tâche de la rédaction du Plan Particulier de Mise en Sûreté de mon école. Et là, franchement, je crois avoir trouvé exactement les limites du travail du directeur d'école : il n'y en a pas !
1.J'ai bien mis 10 heures à trouver les informations complètes et utilisables (et la trame, je l'ai trouvée sur le site du GDID) : risques sur la commune, cartes détaillées, BO complet, contenu de la mallette de secours, documents obligatoires, etc. Ensuite, j'ai commencé à rédiger les pages spécifiques à mon école : pas loin de 5 heures.
2.Pour savoir combien de personnes il allait falloir éventuellement « confiner » ou évacuer, j'ai recompté tout le monde : élèves, enseignants, AVS, personnel municipal, prof d'arabe, etc. Le résultat m'a fait tomber de ma chaise : 175 enfants, dont plusieurs enfants handicapés, de nombreux élèves avec PAI (et des pathologies graves) + enseignants et adultes divers (AVS, personnels Mairie...) : 34 !
3.Le lieu de confinement susceptible d'accueillir tout le monde (1m2 par personne) ne dispose pas de ligne téléphonique, ni de point d'eau (pas de WC, donc).
Prochaines étapes, donc :
1.Croiser les emplois du temps de toutes les classes et de tous les personnels, ainsi que les PAI des élèves qui vont chez l'orthophoniste, au CMPP, pour savoir à tout moment qui est présent dans l'école (AVS à temps partagés, enseignants à temps partiels ou stagiaires IUFM, personnel de cantine...)
2.Supplier la Mairie de me donner un plan de l'école indiquant les emplacements des organes de coupures
3.Négocier avec la Mairie d'énormes travaux pour assurer le minimum d'hygiène dans le lieu de confinement prévu (essayez d'imaginer plus de 200 personnes, dont des enfants handicapés, sans WC pendant quelques heures...)
4.Négocier avec la Mairie l'achat du matériel obligatoire contenu dans la mallette de secours (une radio, par exemple, ou une couverture de survie, ou de l'eau en bouteilles...)
5.Convaincre les collègues de se former aux gestes de premiers secours, c'est-à-dire d'y passer par exemple 2 mercredis complets comptés pour 6 heures dans les animations pédagogiques
6.Informer aimablement les 300 parents d'élèves de ne pas venir chercher leur(s) enfant(s) à l'école en cas d'alerte...
7.Convaincre les gentils pompiers de venir jeter un oeil pour m'éviter des bêtises lourdes de conséquences (et leur réexpliquer pour la xième fois que nous ne sommes pas l'école YYY, mais que notre adresse est bien avenue YYY, pour qu'ils ne déboulent pas encore chez nos collègues 2 km plus loin), sachant que personne, même pas mon IEN, ni la Commission de Sécurité, ne validera mon boulot solitaire, dont je resterai l'unique responsable (sans gloire si ça marche, mais en taule si ça foire)...
8.Si j'arrive au bout, il faudra faire des exercices, et pour cela convaincre la cantinière d'abandonner ses fourneaux, le peintre d'abandonner son échelle, le collègue Truc de ne pas abandonner les élèves de Madame Untel qu'il a en décloisonnement, mais dont il n'a pas la liste précise, mais de bien les conduire au bon endroit, tous les collègues de bien vouloir prendre leurs cahiers d'appel, de fermer portes et fenêtres en sortant de leur classe...
Je vous épargne d'autres détails, et vous donne ma conclus
le 10/10/2007 à 15:33
Chers collègues, savez-vous que j'ai eu la "riche" idée de prendre la direction d'une école de 8 classes et que je gagne moins qu'à mon poste précédent (une direction de 5 classes en ZEP) ! Alors, vu le travail supplémentaire que ça demande -et croyez-moi, j'y ai passé toutes mes vacances d'été- ça me laisse un goût amer dans la bouche...
le 10/10/2007 à 11:15
Constater que les tâches d'un directeur d'école sont complexes et ont évolué : c'était une première étape . Tout le monde semble d'accord aujourd'hui . ET ALORS?????Qu'est ce qui change et qu'est ce qui est prévu ? Dans mon petit coin aucune amélioration , bien au contraire: plus de médecin scolaire , plus d'assistante d'éducation , pas de remplacement ( je ne parle même des rempla pour aide administrative ) mais des imprimés , des enquêtes, des PPRE, des urgences . La grève administrative restera t- elle la seule réponse? je l'ai interrompue, elle ne sert à rien.
Dernièrement nous avons reçu des consignes concernant les alertes climatiques : nous devons être joignables de jour comme de nuit (par notre IEN). Certains diront nous ne sommes pas chef d'établissement, certes mais en cas d'alerte rouge ( situation particulière) c'est tout comme . A quand un statut pour me dire qui je suis réellement et qui définira ce qui est humainement possible de faire . Je pourrai peut- être alors me pencher davantage sur le pédagogique et m'occuper des 25 bambins qui m'attendent tous les matins .
le 09/10/2007 à 22:26
Un statut, oui c'est indispensable de nos jours pour définir clairement nos droits et nos devoirs, pour cesser de voir chaque jour nos tâches s'alourdir par une idée de l'un, une idée de l'autre !
Plus de temps de décharge pour tous, c'est nécessaire pour pouvoir fonctionner et répondre aux demandes des différents services administratifs ou familiaux qui sont en relation avec l'école. C'est indiscutablement un besoin pout tout directeur qui a à coeur de faire son travail aussi bien dans le domaine administratif, pédagogique ou relationnel.
Une plus grande reconnaissance de nos supérieurs, de notre ministère, oui c'est nécessaire à l'heure où certains peuvent affirmer "je travaille plus pour gagner plus". Personnellement, depuis l'an dernier, après fermeture d'un poste d'enseignant dans l'école, perte du quart de décharche administrative et cours triple, je ne sais pas comment je vais survivre à de telles conditions de travail !...
Valérie, directrice d'une école de 75 élèves, de la maternelle PS au CM2 / chargée d'enseigner dans une classe de GS/CP/CE1 / sans décharge administrative / 5 ans de direction / 20 ans d'ancienneté.
le 09/10/2007 à 18:35
Lire tous les documents, être au courant de tout, transmettre tout sans oublier qui que ce soit, renvoyer les courriers à temps à l'inspection, rappeler aux enseignants qu'ils doivent fournir tel ou tel document, aller à telle ou telle réunion... et puis s'occuper de sa classe au milieu des coups de fil qui perturbent tout, des doléances des uns et des autres. Rattraper la classe que l'on a abandonné pendant 5 minutes... Trop dur, on se sent en permanance au bout de la course avec cette sensation de courir sans cesse derrière le train. Le soir il faut consoler, rassurer les jeunes prof. qui trop peu formés se sentent dépassés. S'ils savaient comme moi aussi parfois je suis fatiguée de faire croire que je maîtrise tout, que je suis là pour les aider, que je ne les laisserai pas tomber. Et puis pour clôturer le tout, il y a les parents qui ne comprennent pas pourquoi leur enfant qui réussi tout à la maison a parfois des mauvaises notes à l'école, pourquoi il se bagarre toujours avec les autres (qui soit dit en passant sont bien plus terribles que lui!)
Bref, plus les années passent et plus je trouve ce métier moralement difficile, il grignote ma vie de famille, mes nuits, mon énergie.
Au secours, trouvez quelque chose pour nous donner un peu d'air.
Nous ne demandons que du temps, un statut et la reconnaissance du travail accomplit.
le 09/10/2007 à 12:18
Ecole de 5 classes de PS à CM2 sur collines de Nice résidentielles. Un petit paradis, dans lequel "je me cache" depuis 1994. Cependant, un monceau de travail que ma secrétaire m'aide depuis deux ans à évacuer. Une fille super que j'espère garder car pour moi, une aide compétence vaut toutes les décharges du monde. Contrairement à certains, je veux garder du temps de présence en classe: on est avant tout des enseignants. Ce que je demande, comme tous: un statut non hiérarchique et un gros effort sur le salaire, qui ne nous oblige pas pour vivre décemment à enchaîner cantine et étude. Pour le reste, j'aime le boulot, direction et classe. Et bonjour à tous.
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