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le 02/10/2007 à 13:06
Directrice depuis 10 ans, j'aime profondément mon métier . 266 élèves, 13 collègues avec le RASED et le psy, 2 AVS, 2 EVS dont une en sécrétariat, 3 intervenants en langue, 1 prof de langue arabe, 6 agnets de service, 7 PPS, 6 PAI et un CM2 à mi-temps . Pas le temps de s'ennuyer (45 H /semaine plus corrections le wek-end ) et des activités extrêmement diversifiées dont beaucoupe de réunions d'équipes éducatives, de mise en place d'activtés municipales entre 12 et 13H (gratuitement bien sûr ) etc...Et naturellemnt, il faut être disponible envers tous, accueillante, diplomate ...Certains jours, je suis épuisée . Notre métier mérite donc un statut qui implique sa reconnaissance par plus de gestion au bureau et une rémunération plus élevée . Quelle est la différence entre une grosse école et un petit collège ? De plus ,un directeur devrait avoir accès automatiquement à la hors classe dès le 11 echelon obtenu . C'est scandaleux ces passages hors classe au compte-gouttes . Les principaux de collège ont très bien se structurer sur ce plan au sein de leur propre syndicat .
Très amicalement Martine
le 02/10/2007 à 11:11
Bonjour,
je suis Directeur depuis douze ans d'une école à quatre classes.
J'ai fait le point sur l'évolution du profil de notre fonction avec 20 ans de recul. De nombreuses réformes se sont succédées, amenant chacune des missions nouvelles. Toutes ces tâches se sont empilées, dans des domaines très divers: pédagogie, relations sociales, sécurité, administration, gestion financière, technologie informatique, contractualisation, etc... C'est tellement ramifié qu'on ne peut en faire un relevé complet. Ne pouvant donc connaître exactement ce que nous avons à faire, comment peut-on correctement travailler ?
En conséquence, nous sommes donc toujours en faute professionnelle. L'administration a voulu imiter les structures de l'entreprise dans sa technique de gestion de personnel et de travail par projet. Le personnel, plein de bonne volonté, a joué le jeu. Mais les vieilles structures hiérarchiques sont restées figées, il n'y a pas eu d'évaluation quantifiée des nouvelles charges de travail, ni en temps , ni en moyen. De plus, le contexte pédagogique s'est transformé. Et ça, c'est un argument que je n'ai pas souvent lu.
Le temps est révolu du Directeur qui avait la classe des grands et pouvait faire son travail pendant les interminables rédactions ou contrôles de 1 heure dans un silence de monastère. Maintenant, et vous êtes bien placés pour le savoir, chaque seconde de classe demande une présence intellectuelle, psychologique et physique totale. C'est un engagement d'acteur de théâtre. Nous devons animer la classe, la rendre attractive, soutenir individuellement les élèves qui sont en difficulté et impulser un rythme soutenu pour que le travail scolaire soit productif. Alors, comment concilier cette mission et avoir l'oreille au téléphone, les yeux sur le courrier électronique et le nez dans les projets ?
Le travail du Professeur demande une présence totale. Il n'y a plus de place pour faire une autre activité pendant la classe. Alors, qui répond au téléphone au parent qui demande que son enfant ne prenne pas le car ce soir ? Qui passe un quart d'heure pour solutionner le problème de la panne de chauffage avec la Mairie ?
Qui donne le nombre d'élèves présents à l'école au secrétariat de l' IEN ? Qui discute dix minutes avec le brave représentant qui vient d'arriver sans prévenir ? Qui explique à l'EVS comment saisir un courrier pour la sortie scolaire ? Qui répare la photocopieuse ayant encore fait un bourrage papier ?
La conclusion est simple : Le directeur s'éparpille et travaille en pointillés. Moi, je dédouane ce directeur de ses éventuels manquements. Il n'est ni responsable, ni coupable de cette confusion. Au moins, il a le mérite et l'audace d'informer ses supérieurs sur sa situation professionnelle.
Le SNU a choisi un poisson pour son message de rentrée. Pour rester dans le domaine maritime, Je pense qu'il est sage de réformer les navires en mauvais état avant que la coque ne se brise en deux et que la pollution ne se répande.
Un dernier conseil pour les mousses: Apprenez à éviter les navigations périlleuses et les vents forts !
le 02/10/2007 à 00:47
Bonjour,
est-ce que cette "doléance" vous intéresse?
Mon EVS est en congé de longue maladie (probablement toute l'année) et il n'est pas possible d'avoir de remplaçant.
Donc on voit bien que le protocole sur la direction n'a rien changé en profondeur. Ce ne sont pas des demi-mesures qui peuvent considérablement améliorer le travail des directeurs d'école.
A quand une organisation correcte, égalitaire, qui prenne en compte réellement la charge de travail?
Autre chose: Directrice d'une école à 6 classes, je suis déchargée par une PE2. (Car l'IA de Charente maritime n'ayant pas assez d'écoles à 4 classes pour caser tous ses PE2, la solution est d'étendre cette mesure à des écoles de 5, 6 classes ou plus. Sans aucune transparence puisqu'on ne sait pas comment ces écoles ont été choisies (en tout cas pas en commission paritaire je pense)et en fonction de quel critère...
Et voilà que je perds déjà une demi-journée de cette simili-décharge pour assister à une réunion obligatoire d'information sur les PE2...
Sans EVS et avec cette non-reconnaissance de ma charge de travail, je m'interroge sur l'intérêt de rester directrice.
Sophie Couderc
le 01/10/2007 à 23:20
Bien sûr que tout est déjà dit ... mais si nous sommes plusieurs à le redire, cela finira peut-être par faire écho... peut-être ... Vendredi jour de décharge
8 h 30 : arrivée à l'école chargée de sacs de pédagogie et des cahiers de réunions ( il a bien fallu préparer soigneusement la synthèse de la réunion de directeurs organisée par la mairie hier soir de 17 heures à 19 heures) pour transmettre les dernières nouvelles aux collègues.
8 h 32 : saluer tout le monde avec le sourire et un petit mot pour chacune
8 h 35 : premier coup de fil le petit "machin" ne viendra pas ce matin : vite, aller prévenir la collègue.
8 h 36 : allumer l'ordi et ouvrir la boîte mail , trier les spams, ne pas jeter les mails institutionnels, afficher et imprimer les trucs à diffuser largement (comme ils disent)
8 h 43 : rencontrer entre deux portes la responsable de la garderie pour convenir d'une date de réunion ( il faut se mettre d'accord sur le matériel de motricité utilisable par la garderie du soir)
8 h 47 : répondre au coup de fil de la secrétaire du médecin scolaire pour refixer une date de rédaction des derniers PAI tombés sur nos téléscripteurs
8 h 50 : ouverture des portes : assurer le comité d'accueil des chers bambins ET de leur famille, donner quelques infos sur les élections de parents à venir. Et avec le sourire siouplait !
9 h 05 : recevoir la maman pas contente du petit "chose" qui a perdu son doudou à l'école : mais comment c'est possible de perdre un doudou ( il n'y a jamais que 94 PS dans cette école, flûte ! )
9 h 18 : vite aller changer le toner de la photocopieuse ( c'est mieux si c'est moi qui m'encre les doigts pour le reste de la journée)
9 h 22 : se mettre à rédiger la fiche de renseignements de la petite fille handicapée pour la transmettre dans les meilleurs délais, à l'enseignant référent.
9 h 35 : rappeler la mairie pour la commande d'essuie-mains .... en profiter pour demander si enfin on est autorisé à accueillir des stagiaires CAP petite enfance ( la semaine dernière ce n'était pas possible)
9 h 45 : envoyer un mail de réservation de bus pour 2 classes qui partent vendanger
9 h 50 : confirmer la visite au château
9 h 55 : photocopier le doc "autorisation de sortie scolaire sans nuitée" pour les collègues et le leur remettre
10 h Récré ? pause pipi ? NON pas le temps
10 h 01 : appeler la secrétaire de l'IEN pour savoir si les conventions piscine sont enfin signées ( les séances démarrent la semaine prochaine ! )
10 h 06 : reprendre la rédaction du dossier de la petite handicapée
10 h 07 : répondre au téléphone et confirmer la visite de la représentante Nathan pour les commandes de Noël ( à faire avant le 15 octobre ! )
10 h 13 : aller essayer de rétablir la connexion Internet de la salle des maîtres qui vient de lâcher
10 h 20 : appeler le MATICE : le PC ne reconnait plus les clés USB (le salaud ! )
Allez, j'arrête... vous êtes fatigués de me lire..... on n'est même pas à la mi-journée et j'y serai encore jusqu'à 19 heures... je ferai la fermeture avec les nanas de la garderie... et je repartirai à la maison avec le même sac ( celui du matin avec la pédago et le reste ...).
J'aime pourtant ce que je fais chaque jour, mais là, maintenant, il y a urgence à nous octroyer un VRAI STATUT et une réelle reconnaissance pour toutes ces tâches. C'est le moment de réagir !
Bon courage à tous.
Véronique
le 01/10/2007 à 22:15
Quelques mots à ajouter à ceux qui ont déjà été (très bien) écrits.
Pour ma part c'est un immense, vital (ben si) besoin de TEMPS pour :
- parvenir à réaliser (dans les délais) les tâches toujours plus nombreuses qui nous sont confiées ;
- le faire dans la sérénité (si, si, souvenez-vous c'est le truc qu'on avait quand on n'était pas encore directeur)
Ensuite un besoin de reconnaissance de ce que je fais (et par extension de ce que je suis) dans l'école, donc un statut correspondant à la fonction : soit une rémunération décente + une visibilité vis-à-vis des partenaires externes + des responsabilités (ah non, ça on l'a déjà

)
Personnellement, je suis très attaché à la facette "enseignement" de mon métier, et je ne souhaite pas m'en détacher.
En revanche, je fais le triste constat que je ne suis pas aussi impliqué que je l'aurais souhaité dans ma classe.
J'imagine (on peut ?) un directeur sans classe attitrée dans son école mais prenant en charge des élèves en fonction des besoins de l'équipe pédagogique (modalités à voir évidemment

).
Mais ce qui m'importe avant tout, et au risque de me répéter, c'est du temps !
le 01/10/2007 à 21:37
Depuis quatre ans je suis directrice d'une Ecole Primaire de deux classes, pas de décharge bien sûr. Pourtant, même s'il est moins lourd qu'ailleurs, le travail de direction ne se fait pas en zéro temps...
On nous avait proposé un "CAV" (si jamais on en aurait trouvé un au fin fond de la campagne), mais nous n'avons pas de bureau, les seules pièces sont les deux salles de classe! En plus, former quelqu'un pour qu'il parte aussitôt?
Mon RÊVE modeste: Pour quand une demi-journée de décharge pour tous les "petits" dirlos????????
Mais ce qui me pèse presque plus: ne pas vraiment connaître toutes mes responsabilités, ne pas disposer d'un référentiel clair, concis et complet qui me dirait ce que je dois, peux et ne dois pas - faire, surveiller, contrôler, etc.
J'aime: organiser, structurer, être responsable.
Mais je n'aime pas: patauger...
le 01/10/2007 à 20:38
Je commence ma douzième année de direction, dont 5 d'école primaire, auparavant je ne "gérais" que l'élémentaire.
Je suis complétement déchargé (grace à ma demi décharge "uSEP") mais j'ai l'impression d'avoir 2 plein temps...
Chaque année je me dis que j'en aurais moins à faire l'année suivante, ou plus vite , par habitude et c'est toujours de plus en plus prenant.
Souvent j'ai envie d'arrêter, mais le fait d'être dans l'association, me fait continuer car je suis sûr qu'unis, nous arriverons à faire évoluer notre métier.
On voit parfois quelques avancées mais si nous avions quelque chose de concret qui nous montre que le ministère s'intéresse aux directeurs, cela redonnerait une bouffée d'oxigène à tous ceux qui travaillent en apnée depuis si longtemps...
J'ai la chance d'exercer avec des collègues qui viennent travailler avec plaisir à l'école et qui comprennent la lourde tâche qu'est la nôtre (c'est pour ça qu'ils ne se bousculent pas à postuler pour devenir directeur.... et pourtant...)
Je ne demande qu'un peu de reconnaissance, de temps, voire un peu d'argent.
Il est tellement vrai que les mairies nous reconnaissent plus que notre ministère.
Mais je ne veux pas devenir à la solde de la Mairie.
Le fait de rester sous l'égide du ministère nous évite (peut être) des dérives extrémistes.
Je suis confiant que l'avenir va s'éclaircir.
Quand je vois sur Caluire ce que nous avons réussi à obtenir en étant unis, je me dis que si nous arrivons à cette même unité au niveau national, nous serons invulnérables...
Je suis fier de faire partie du GDID, car j'ai l'impression d'aider les choses à avancer.
le 01/10/2007 à 20:37
Aujourd'hui 1er octobre !
Ouf, août et septembre sont passés avec leurs soucis de rentrée......
Ah mais non, octobre est là avec les élections, le conseil d'école , 206 élèves à inscrire sur base élève avec bien sûr la partie pré- inscription que la Mairie ( qui n'a jamais entendu parler de base élève !) que je dois assumer moi- même , le projet de 4 ans à terminer et le nouveau à peaufiner.......les collègues peu motivés qu'il faut motiver et dynamiser !!!!
Ma classe que j'assume 3 jours sur 4 !
Le jour de décharge qui se résume en une journée " parcours du combattant" , tant tout le monde est demandeur de l'attention et de la bienveillance de la directrice de l'école ..........etc etc
Mais j'ai de la CHANCE, ma nouvelle école a une EVS aide à la direction qui tient la route !
Les collègues, même s'ils sont peu motivés, tiennent la route et les enfants, ma classe est dans un autre bâtiment que mon bureau et donc, pendant la classe je m'y cache ........
Etant donné la distance j'ai l'impression de garder ma sveltesse vu que je cours allègrement non stop d'un bâtiment à l'autre !
Et pourtant je l'aime cette fonction car me sens parfois très utile devant les détresses de nos nouvelles générations d'élèves et de leurs parents !
Je n'ai qu'un rêve , à 10 ans ( peut être!) de ma retraite : être completement déchargée et être bien bien mieux payée pour toutes les responsabilités que j'endosse !
Utopiste ?? Non j'y crois encore !
le 01/10/2007 à 20:36
Un statut pour enfin avoir du temps.
Un statut pour pouvoir gérer un budget légalement.
Un statut pour les responsabilités assumées.
Un statut pour nos heures sup' non payées. (ou si peu)
Un statut pour enfin connaître nos heures dues
Un statut pour pouvoir enfin être reconnu.
le 01/10/2007 à 19:42
Enfin 1 journée complète de décharge..
La première depuis la rentrée. Mon stage filé rattrapait la semaine dernière où elle était sur un autre stage. Elle a fait la classe, tout seule, comme une grande.. Crevée, j'espère qu'elle reviendra demain pour faire "sa décharge normale".
De mon côté, PAI, elections, évaluations, courriers en souffrance depuis un mois, intervenants sports, courrier de l'IA à répondre car je ne respecte pas les délais des enquêtes lourdes.. c'est lourd mais en

fait j'étais content car j'avais l'impression en fait de faire le boulot que j'avais choisi..
Car en fait, je ne reproche rien à mon job..
ILS ne veulent pas le comprendre.. J'aime ce métier et je veux qu'il existe.
EPEP, dirlo supérieur hiérarchique.. Ce n'est pas ma tasse de thé. Le boulot que l'on fait existe. Il a une valeur.. Une nécessité pour la bonne marche des écoles..
Je ne demande qu'à ce qu'il soit RECONNU en tant que tel... PAYE A SA JUSTE VALEUR ET AFFUBLE DU TEMPS QU'IL MERITE, pas qu'on en invente un autre qui voudrait dire que celui que j'exerce n'a jamais existé.
Alors, je vais continuer à me battre.. pied à pied.. courrier après courrier.. conflit après conflit avec l'IA, l'IEN, les orthophonistes, psy etc.. pour imposer ce job parce que c'est un vrai métier. Et si on veut qu'il le soit, nous ne devons faire aucune concession.
Je ne sais pas si c'est une contribution de cahier de doléances ... tant pis.. l
A tous les dirlos qui nous lisent... L'heure n'est plus aux concessions.. Il faut montrer que nous ne sommes pas des factotums sur qui chacun s'essuie les pieds quand il rentre..
On a des moyens d'action sans nous mettre dans le rouge.. Tout ce qui nous met en cause sans que nous soyons réellement reconnus pour.. cad où nous sommes censés être là comme des larbins bien que nous ne soyons ni dédommagés, ni "obligés" car pas dans nos temps légaux de travail. Equipes éducatives repoussées, non participation aux réunions de mairie, de zep, de rep etc.. Non présence aux réunions de PPS , refus de réception des représentants, non participation aux "invitations" hors temps scolaire des IEN pour mettre en place base élèves par exemple.. refus "d'aider" les PE2 filé ou d'amménager les emplois du temps..
Conflit il y aura.. mais on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs.. Et nous sommes vraiment dans la dernière ligne droite..
Au bout .. le mur des EPEP.. des super dirlos et des "chargés d'écoles" qui feront le boulot de grouillot sans dédommagement autre que "rien".
Un dirlo seul qui "met la pagaille".. c'est un "ch..."...
Un collectif qui applique les mêmes règles.. c'est un mouvement. Il ne sera peut être pas assez fort.. Tant pis
Quitte à se prendre le mur.. autant au moins avoir la fierté personnelle d'avoir au moins essayé de l'éviter.
CHE
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